Shadow Of The Colossus est encore un géant

Quelle joie de retrouver un classique qui a marqué toute une génération… vous diraient probablement beaucoup de joueurs, tant l’aura de Shadow Of The Colossus est grande. Quant à moi je découvre le titre avec ce remake, n’ayant joué ni au volet original sur PS2 ni au portage PS3. Je vous propose donc une vision du jeu sans a priori au travers ce test, destinée a ceux qui comme moi ont décidé de rattraper le temps perdu.

Le créateur Fumito Ueda conçoit ses jeux (il le dit lui-même) comme des oeuvres autour d’un thème fort et restreint qui sert l’expérience d’un bout à l’autre du titre. Ce fut le cas de son Last Guardian paru début 2017, véritable bijou vidéoludique parfois incompris de la critique, mais d’une profondeur incroyable. J’aborde donc SOTC avec beaucoup d’attentes.

Le jeu démarre sur une cinématique magnifique ouvrant sur son univers vaste et solennel, introduisant votre quête. Pour ramener à la vie votre promise vous scellez un pacte avec Dormin, un être mystérieux et omniscient. Il vous faudra vaincre 16 colosses, gardiens des lieux déserts du monde de SOTC. L’intrigue donne peu d’information, venir à bout du jeu sera le seul moyen de comprendre les tenants et aboutissants de votre aventure. Et autant le dire sur cet aspect le jeu fait fort pour laisser le joueur scotché.

L’environnement est un open world dans lequel peu d’âmes vivent. Hormis les majestueux colosses vous ne croiserez la route que de quelques animaux ici et là mais ne vous attendez pas à d’autres rencontres : l’expérience de Shadow Of The Colossus est très contemplative. Le titre de Fumito Ueda cherche constamment à immerger le joueur dans la torpeur de son monde à travers une mise en scène grandiose et pesante. Ce choix fait évidemment écho à l’histoire que porte sur ses épaules votre personnage, Wanda. D’ou vient il ? Comment en est il arrivé la ? La mélancolie qui transpire du titre nous pousse à aller au bout pour résoudre l’énigme.

Vous aurez comme seul compagnon votre fidèle monture, sans laquelle il sera bien difficile de parcourir l’immense map. On voit le soin tout particulier apporté par le studio à son réalisme et ses réactions, qui s’inscrivent parfaitement dans la fluidité du parcours.

Des combats épiques

Les rencontres avec les colosses sont impressionnantes. La mise en scène ultra soignée, accompagnée d’une bande son onirique rend les combats d’une beauté et d’une intensité jouissive. Passée la rencontre, vous devrez donc trouver rapidement comment attaquer votre adversaire sous peine de finir en bouillie. Seulement armé de votre épée et d’un arc il faudra ruser, agripper les colosses, trouver leurs points faibles et garder un oeil sur votre barre d’endurance pour triompher. Le level design des combats tente de se renouveler à chaque nouveau face à face et c’est réussi. La diversité des situations permet de toujours garder un intérêt à provoquer la prochaine rencontre.

En revanche, on regrettera peut être une difficulté un peu trop faible même en mode difficile, on aimerait davantage voir les colosses se déchainer contre nous. On pourra éventuellement trouver le gameplay un peu rude au départ et si la camera peine parfois à vous proposer l’angle parfait, l’expérience de combat reste excellente. Certains passages épiques feront d’ailleurs penser aux meilleurs affrontements de boss dans les récents Zelda, et la plupart des combats vous demandera une bonne dose de sang froid pour mettre à genoux vos adversaires.

Paradoxalement…

A chaque coup d’épée, les cris de douleur des colosses renvoient à la question des fondements de la quête et on aura parfois un étrange sentiment coupable d’avoir terrassé un être au regard innocent. Les visages des colosses sont saisissants et chacun d’eux laisse apparaitre une certaine vulnérabilité en dépit de leur taille. Ce sentiment créé chez le joueur est un des gros points forts du titre.

La direction artistique du jeu est tout simplement sublime avec une modélisation magnifique des colosses et un environnement très réussi notamment avec une gestion des lumières toujours en pleine maitrise. On prend un réel plaisir à parcourir la map pourtant désespérément vide, à contempler les décors que la camera nous suggère subtilement au fil de notre parcours.

J’ai pu comparer les différentes versions (PS2-PS3-PS4), le remake 2018 offre clairement une refonte visuelle à la hauteur des standards actuels.

La magie opère

On retiendra du chef d’oeuvre de Fumito Ueda une expérience courte et intense, mémorable, un titre dit on comprend pourquoi 12 ans plus tard il reste dans le coeur des joueurs. Sa proposition audacieuse en fait un jeu incroyablement accrocheur et enivrant. Plus aucune raison de passer à côté, allez y les yeux fermés, ou plutôt grands ouverts.

 

Test réalisé sur PS4 Standard. Le jeu tourne à 30 fps sur Ps4 Standard et 4K 60fps sur PS4 Pro

 

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